Retour page d'accueil
Nos livres
Les Brèves
Photos & illustrations
Pour commander
Rechercher
Contactez nous
Nos livres arrow Les Brèves arrow Des personnages aux noms prédestinés

Des personnages aux noms prédestinés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail


 Lors d'une naissance, les parents donnent le prénom à l'enfant mais c'est la providence ou l'usage qui lui attribuent un nom ...........

En 1853, le maire de Rochefort-en-Valdaine mit en affermage pour cinq ans le trop-plein de la fontaine communale. Au lieu de repartir dans les entrailles de la terre sans profiter à quiconque, cette eau fut cédée à un particulier moyennant une modeste contribution financière. Qui fut l'adjudicataire ? Le sieur Moulin. Logique, non ? Comment Moulin aurait-il pu fonctionner sans eau ?
Le village de La Touche était en novembre 1850 insuffisamment approvisionné en eau. Le maire, Frédéric Paradis, eut l'idée d'augmenter le volume des eaux de la fontaine publique en y amenant, au moyen de quelques tuyaux, divers filets sortant de la montagne communale qui se perdaient sans utilité pour personne. Beau projet mais le budget de la communauté toscadine ne permettait pas une telle dépense. La solution vint d'un homme de robe valentinois. Ce chanoine possédait en effet sur La Touche plusieurs terres non irriguées. Apprenant le projet du maire et ses difficultés à le réaliser, notre religieux s'engagea à faire à ses frais l'investissement. Ainsi, grâce au chanoine Rivière, le bien-nommé, le ruisseau de la fontaine devint canal. Tout un programme hydraulique pour ne pas perdre les eaux.
Le 10 mars 1896 à La Bégude-de-Mazenc, des gens du lieu passant sur le pont du Jabron aperçurent un corps dans le Jabron et prévinrent aussitôt la gendarmerie. Le brigadier Félix Rochas arriva sur place et retira la victime baignant dans une vingtaine de centimètres d'eau. L'homme vivait encore. On le transporta à son domicile. Sitôt le seuil franchi, il rendit le dernier soupir, emporté par une congestion cérébrale. L'homme qui aimait tant le vin périt ainsi dans une flaque d'eau. Il s'appelait pourtant Gardon, Ferdinand Gardon, mais un nom, même celui d'un poisson, ne suffit pas à sauver quelqu'un de la noyade quand celui-ci ne veut plus mordre aux appâts de la vie.
Le 18 novembre 1859, le ciel de Puygiron s'embrase. En pleine campagne un bâtiment brûle. Le propriétaire s'affole mais faute de moyens ne peut que laisser le feu faire son oeuvre de destruction. Les flammes auraient pu toutefois être étouffées si l'occupant des lieux avait eu de grands récipients mais le sieur Broc en manqua. Seaux, vases, pots et Broc réunis ne purent rien contre l'incendie. A quoi bon porter un nom semblable s'il se vide de sens à la première occasion où il aurait dû être plein de signification ... et d'eau.
Le 12 juillet 1854, André Mouton garde champêtre à Saint-Gervais-sur-Roubion arrêta deux voleurs. Celui qui faisait le guet s'appelait Clémentin Tuile (c'en était une pour lui de se faire pincer) tandis que son compagnon déclara se nommer Rapine. Avec pareil patronyme, difficile d'exercer une autre activité.
Le 11 octobre 1902, au café Piallat des Granges-Gontardes, un homme asséna deux coups de poings au visage de Ferdinand Savel. Quand les gendarmes apprirent que l'homme aux dons de boxeur s'appelait Henri Cogne, ils en sourirent mais le condamnèrent quand même à effectuer une journée de travail.
Le 20 janvier 1866 à Montélimar, un commerçant se fit condamner pour un poids de deux kilogrammes présentant un déficit de onze grammes. Son nom ? Auguste Poilrouge. Son métier ? Boucher. Cela ne s'invente pas.
En 1878 à Montélimar, M. Chaize frabriquait des sièges rue Quatre alliances. La même année, M. Véron fut condamné pour délit de pêche. En 1902, le percepteur de Séderon s'appelait M. Tyran. En 1906 à Allan, Mme Aubaine gagna vingt mille francs à la loterie des tuberculeux. En 1909, un limonadier de Montélimar s'appelait M. Boisson.
En 1860 à Montélimar, le vétérinaire Culty épousa Henriette Vacher. La même année, M. Bonnet, tailleur d'habits épousa la fileuse Mazoyer. En 1821, un voleur de poules fut arrêté à Montélimar. Son nom ? Faucon.
Enfin, de nos jours, dans la Grande rue de Pierrelatte, le charcutier s'appelle M. Boudin. Un nom prédestiné.


 
< Précédent   Suivant >

 

 
 

ALBANOX Editions - Le pré de l'église- 26160 La TOUCHE - Tel : 04 75 46 23 15 - ISBN 2-9510886-2-0

Création CCC - Photos CCC & Roland Brolles Copyright © 2007 ALBANOX .Tous droits réservés.