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La sècheresse en Drôme Provençale |
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Au XIXème siècle la Drôme Provençale connut de dramatiques canicules
La sécheresse sévissait depuis des mois. La terre s’ouvrait sous le feu du soleil et les paysans de la Valdaine pouvaient, à certains endroits de leurs champs, passer leurs bras dans les crevasses béantes. Une chaleur torride cuisait les ramures des arbres, les fleurs des plantes, le dos des hommes et l’échine des bêtes. Tout ce qui vivait ici s’accrochait malgré tout à
l’espoir d’un petit orage salvateur ou d’une fine averse bienfaitrice.
En vain. Le ciel restait désespérément bleu et les seuls nuages qui y flottaient avaient la taille de grains de riz. Les gens d’ici menaient une rude bataille contre les éléments. Cela durait depuis trop longtemps et plusieurs fermiers, ruinés par de squelettiques et successives récoltes, touchaient le sol des deux épaules, pleurant de rage à genoux devant leur travail perdu et leur maisonnée menacée de famine. Pourtant, sans cesse, ils se relevaient et recommençaient à manier la pioche ou la charrue avec une nouvelle énergie, celle de la survie, tout en se faisant éclater la chair des mains sous la violence de l’effort et la dureté de la terre. Entêtés, cabochards comme des ânes rouges, les paysans travaillaient d’arrache-
pied, persuadés qu’à la fin, ce serait le malheur qui resterait dans la poussière de leurs lopins et non leur propre peau. Malgré cette indestructible foi, certains mouraient à la tâche, victimes de coups de sang, dans des après-midi couleur de feu et parfumés comme la boutique d’un apothicaire. Alors d’autres bras, ceux des fils, des femmes et des aïeux, venaient à la suite prendre l’outil. Et la vie continuait ainsi dans ce beau pays de bâtisses aux pierres accroupies dans le pissat des fumiers, plantées dans une terre maigre, terne et croûteuse comme une vieille guenille.
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